
Retour sur la conférence de Michaël Stora du 12 avril au Parc Galea
La question de notre dépendance aux écrans est aujourd’hui omniprésente. Faut-il s’en inquiéter ? Les écrans sont-ils responsables des difficultés rencontrées par les jeunes ?
Lors d’une conférence passionnante, le psychologue et psychanalyste Michaël Stora nous invite à changer de regard : le problème n’est pas l’écran en lui-même, mais la manière dont il s’inscrit dans nos vies.
Un révélateur plus qu’une cause
Les écrans répondent à des besoins profonds : se distraire, se rassurer, fuir une réalité difficile.
Comme le souligne l’intervenant : « L’écran fait écran ».
Autrement dit, il peut masquer des fragilités déjà présentes.
Le rôle déterminant du contexte familial
Les recherches montrent que les effets des écrans varient fortement selon l’environnement :
- des parents présents et à l’écoute limitent les impacts négatifs
- un manque de cadre ou de lien les accentue
Il est donc réducteur de faire de l’écran le seul responsable.
Pourquoi les jeunes (et les adultes) accrochent ?
Les jeux vidéo et réseaux sociaux offrent :
- une gratification immédiate
- une valorisation constante
- un sentiment de progression rapide
À l’inverse, notre société valorise peu les réussites et souligne souvent les échecs.
Les écrans deviennent alors un espace de réassurance et de reconnaissance.
Quand l’usage devient problématique
Le véritable signal d’alerte n’est pas le temps passé, mais la rupture avec le monde réel. Isolement, décrochage scolaire, perte de motivation… Ces situations traduisent souvent une souffrance plus profonde.
Des solutions existent
Plutôt que d’interdire, Michaël Stora propose une approche innovante : utiliser les écrans comme outil de création.
Accompagner les jeunes à produire (jeux, contenus) permet de :
- redonner du sens
- restaurer la confiance
- favoriser le retour à la réalité
Vers un nouvel équilibre
Fait intéressant : une partie de la jeune génération se détourne progressivement des réseaux sociaux pour revenir à des activités concrètes et créatives.
Une manière de retrouver du temps, du corps et de la présence.
En conclusion
Les écrans ne sont ni bons ni mauvais.
Ils sont le reflet de nos besoins, de nos fragilités et de notre époque. L’enjeu n’est pas de les supprimer, mais de réapprendre à les apprivoiser.
Le programme continue le 10 mai : Dans la tête des pionniers de la tech – Guillaume Grallet (Le Point) nous fera pénétrer les coulisses des géants de la Silicon Valley.
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