
Lors de la conférence du 29 mars au Parc Galea autour de l’intelligence artificielle, intitulée Ni Dieu, ni IA, Mathieu Corteel a proposé une lecture accessible et critique de l’intelligence artificielle.
Face à un sujet souvent complexe, l’intervenant a su faire preuve d’une grande pédagogie. Il a rendu compréhensibles des notions exigeantes auprès d’un public non expert. Une qualité à saluer, tout comme l’organisation de l’événement.
Son message central : sortir d’un faux dilemme entre fascination et peur de l’IA.
Derrière les belles promesses de la technologie, la réalité est souvent plus compliquée : on subit parfois le numérique plus qu’on ne le choisit. Il est surtout piloté par des intérêts économiques qui récupèrent et exploitent l’intelligence collective. Et même si on parle beaucoup de gains de productivité, on voit aussi apparaître des effets moins visibles : les activités créatives sont moins valorisées, et les contenus deviennent de plus en plus uniformes.
Mais une autre voie est possible.
Corteel défend l’idée d’un numérique choisi, où l’humain reste acteur. Pour cela, il rappelle une évidence souvent oubliée : l’IA ne pense pas, elle calcule.
À travers des références comme John Searle, il souligne les limites fondamentales des systèmes algorithmiques, incapables de produire du sens par eux-mêmes. Dès lors, l’enjeu n’est pas de déléguer nos décisions aux machines, mais de mieux comprendre leurs limites.
À cela s’ajoute une réalité souvent occultée : le coût environnemental massif de ces technologies, accentué par un effet rebond qui annule les gains d’efficacité.
Au-delà de la critique, une perspective s’ouvre : construire un numérique émancipateur, en phase avec les besoins, accessible à tous et porté par une utilisation consciente, qui passe par le développement de l’esprit critique et l’invention de nouveaux usages porteurs de sens.
Retrouvez l’intégralité de la conférence filmée sur le site du Parc Galea.
Le programme continue : 12 avril : Notre dépendance aux écrans – Le psychologue Michaël Stora analysera les mécanismes de notre captation numérique.
Numericu in Galea – Agenda 2026 voir le programme




